Reconstruction du sein après mastectomie/tumorectomie

Le traitement chirurgical du cancer du sein par mastectomie est une amputation de la totalité du sein et de l’aréole, laissant à la place une cicatrice transversale au milieu du thorax.

La reconstruction d’un sein amputé est une étape primordiale dans la guérison.

Reconstruire un sein, c’est répondre positivement à cette injustice qu’est cette maladie.

La reconstruction mammaire doit répondre à une exigence très légitime des patientes.

C’est un chemin long, parfois difficile, mais qui permet à chaque patiente de retrouver une féminité et un bien-être après cette terrible épreuve.

 

Pourquoi ?

 

L’objectif de la reconstruction est de restaurer une forme, un volume et surtout une harmonie au niveau de la poitrine et du décolleté, à la suite de l’ablation partielle ou totale d’un sein. La reconstruction du sein permet de pallier la souffrance psychologique de cette amputation, de restaurer une sérénité sociale, personnelle et intime à chaque patiente.

La consultation avec le chirurgien réparateur peut permettre à une patiente, à qui l’on vient d’annoncer que la mastectomie était nécessaire, de se projeter dans l’après, d’envisager une reconstruction avant même que le traitement du cancer ne débute.

 

Comment ?

 

La reconstruction d’un sein nécessite au minimum deux interventions et s’étale sur une période de six mois à un an.

Dans certains cas, une reconstruction immédiate (RMI), en même temps que la mastectomie, est possible mais nécessitera cependant un deuxième temps pour l’aréole.

Cette RMI est possible lorsqu’il n’est pas prévu de radiothérapie dans les suites de l’intervention.

 

Les procédés de reconstruction dépendent des « conditions locales », c’est-à-dire de la qualité et de la quantité de peau résiduelle, de la réalisation ou non de la radiothérapie, de l’aspect du sein controlatéral, de la morphologie de la patiente et naturellement de son désir.

 

On utilise selon les cas, et parfois de façon associée, une prothèse mammaire, un lambeau de grand dorsal ou abdominal (DIEP) (quand il manque de la peau) et une réinjection de graisse (lipofilling)

La reconstruction de l’aréole et du mamelon est la dernière étape de la reconstruction du sein. On utilise le plus souvent une greffe de peau prélevée dans le pli inguinal, une reconstruction du mamelon par greffe ou lambeau et un tatouage.

 

Dans plus de 75 % des cas, une intervention sur l’autre sein est justifiée pour obtenir la meilleure symétrie possible. On réalise alors, selon les cas, une réduction, une correction de la ptôse ou une augmentation par prothèse.

 

Suites et résultat.

 

Lorsque la reconstruction utilise un lambeau, il s’agit d’une intervention assez lourde nécessitant en moyenne une semaine d’hospitalisation.

Après une prothèse mammaire, trois à quatre nuits d’hospitalisation sont alors nécessaires.

Le lipofilling ainsi que la reconstruction de l’aréole et du mamelon sont réalisés en ambulatoire.

Le résultat de chacune des interventions est évalué entre trois et quatre mois, et leur validation permet le passage à l’étape suivante.

 

Il faut parfois faire attention au décours d’une reconstruction mammaire immédiate à ce que la patiente ne soit pas déçue, qu’elle ne s’imagine pas avec le même sein qu’avant.

En effet, la période de deuil, après une mastectomie, est une étape souvent nécessaire et permet d’apprécier plus sereinement la reconstruction du sein.

 

Dès la première étape et au fur et à mesure des interventions, la patiente va progressivement retrouver un bien-être dans ses gestes du quotidien et dans son intimité.

La fin de la reconstruction permet à chacune de mettre un terme à cette période de sa vie qu’est le cancer du sein et d’en recommencer une nouvelle.

 

Risques.

 

Outre ceux liés à l’anesthésie générale, il convient d’insister sur les risques liés aux implants sur une peau irradiée. La fragilité cutanée peut entraîner une ouverture de la cicatrice et une exposition de la prothèse, qui devra alors être retirée.

Les problèmes de cicatrisation après un lambeau de grand dorsal ou de l’abdomen (nécrose, désunion) peuvent se rencontrer, ce qui justifie la contre-indication du tabac lors d’une reconstruction mammaire.

 

Les autres risques, de même que les détails techniques de chaque procédé de reconstruction, sont expliqués dans les fiches d’information de la SoFCPRE correspondantes.

Photos Avant-Après

© 2020  Dr Benjamin Pulvermacker . Agence Vanessa Touati